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Les Fées
des Roches Fayettes

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Les Fées des Roches Fayettes  

Le bois de Nery, en Saint Just d'Avray, est parsemé de rochers bizarres, dont les cavités portent le nom de Marmites et Ecuelles des Fées ; il était, vers le commencement du 19ème siècle, couvert d'un bois de chênes où les porcs allaient à la glandée. Un soir, le plus beau revint, portant à son cou une bourse bien garnie. Le lendemain, les porcs furent envoyés au bois, mais celui qui avait apporté la bourse ne reparut pas. Les fées l'avaient payé généreusement d'avance, et l'avaient pris pour leur cuisine.

Les Roches Fayettes - Saint Just d'Avray

Les Fées ont disparu depuis longtemps des campagnes beaujolaises. Mais autrefois, dans cette région comme dans les régions voisines, la croyance en ces êtres fantastiques était assez répandue. On en trouve une preuve dans le fait que beaucoup d'endroits dont le nom évoquait celui des fées (en dialectes Faye) sont devenue leur lieu de séjour : c'est le cas des endroits dénommés Fayes, Fayettes, Fayoules qui remontent au latin FAGEA "endroits plantés de hêtres" (par exemple les roches des Fayettes à Marchampt, les Fayoules à Vauxrenard où, comme les informateurs locaux l'ont précisé, les fées venaient faire leur sabbat).


Les fées sont à l'origine de belles légendes.

Ainsi à Saint Just d'Avray, le Crêt de Néry, avec ses roches à cupules, passe pour avoir été un des lieux de séjour des fées. Les habitants de cette région se rappellent encore la légende que leur contaient leurs grands-parents. La version que nous avons relevée est moins complète que celle qu'ont proposées Claudius SAVOYE* et Marius AUDIN*. Elle est cependant intéressante, car elle montre ce qui reste de cette belle légende. On remarquera aussi que les informateurs n'emploient qu'une fois le mot fées et qu'ils semblent assimiler les fées aux sarrasins, ces envahisseurs lointains dont on garde un souvenir obscur, puisqu'ils emploient le pronom sujet "ils" lorsqu'ils les désignent.

Sur le crêt de Néry, il y a des trous qu'on appelle des marmites, car on racontait que des habitants - j'ai entendu dire des sarrasins - y faisait bouillir de l'eau. C'est vieux ça... oui, il y avait des habitants probablement des fées. Ces trous ont été faits à la main, creusé dans la roche. Il y en a un grand pour faire cuire, et deux petits, comme des bols. Il y en a un autre, on dirait qu'il n'est pas fini. On pense qu'ils mettaient des cailloux chauds dans l'eau, ils n'avaient pas d'autres moyens de faire chauffer l'eau.

Et voilà ce qu'on raconte : il y a un hameau en bas de cette roche. Quand c'est le moment des glands, les cochons, s'ils ne sont pas trop loin des bois, en sont gourmands. C'est ainsi que le père Deshayes, qui ne donnait pas grand chose à manger à ses truies, les emmenaient dans au bois de la Tronche, près du crêt de Néry. Les petits suivaient la mère, et à mangeait là-bas. Un jour un cochon est revenu avec un sac pendu au cou. Ils lui avaient mis un sac plein de feuilles, de terre et de poussière. C'état peut-être pour faire comprendre qu'ils étaient là-haut ? Oui, pour dire que le cochon avait été vu. Mais quand il est remonté le lendemain, il n'est pas redescendu, on l'avait mis dans la marmite !
Ca devait être vrai tout ça, il se passait des choses là-haut !


* La version présentée par Claudius SAVOYE en 1899 dans "Le Beaujolais préhistorique", page 170 est plus explicite :
« Les flans du crêt de Néry étaient alors couverts d'un bois de chênes où les porcs des hameaux voisins allaient à la glandée. Un soir, le plus beau d'entre eux revint portant à son cou une bourse assez rondelette qui fut naturellement enlevée par l'heureux propriétaire de l'animal. Le lendemain les porcs furent renvoyés au bois, mais le porteur de la bourse ne reparut pas. Les fées en avaient eu besoin pour leur cuisine, et, honnêtes avant tout, elles l'avaient payées généreusement à l'avance. »


Claudius Savoye (1856-1908)
Après des études notament à l’école normale de Villefranche, il est nommé instituteur à Juliénas puis à Odenas. Il étudie avec passion la géologie, l’archéologie et surtout la préhistoire. Son ouvrage paru en 1890, "Le Beaujolais préhistorique" fait toujours autorité.
Site dédié à cet auteur : Site sur Claudius SAVOYE

* Et Marius AUDIN, dans "Légendes et coutumes du Beaujolais" (1918), complète cette légende de la façon suivante :
« Quand le propriétaire du porc de Néry eut arraché de son cou la bourse pleine d'or, cupide, il la serra au plus profond de sa grande armoire ; mais quand tout marri de la perte de son porc, il voulu savoir combien il lui avait été payé, il ne la retrouva plus dans l'armoire que quelques feuilles de chênes. C'était pain bénit ! »

Quelques photos des Roches Fayettes de Saint Just d'Avray

Sources et remerciements

- Le livre "Le Beaujolais, contes, légendes, récits et Chansons" de Anne-Marie VURPAS et Jean-Batiste MARTIN.
- Merci à M. Jean-Yves BOUCHET et M. Guy TONKEUL, pour les photos présentes sur cette page.

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